Avec l'Evangile, dit Paul, nous entrons dans un mode de justification qui rompt complétement avec celui établi par Moïse au travers de la loi. La justice établie par la loi se définit d'une seule manière : l'homme qui la mettra en pratique vivra par elle : Roamins 10,5. La justice acquise par la loi repose donc sur un seul et unique principe : la capacité de l'homme à obéir aux exigences morales imposées par Dieu pour lui plaire. Avec l'Evangile, ce principe est désormais aboli. Ce n'est plus sur la base de nos capacités et de notre obéissance que Dieu nous déclare désormais juste.
Bien que nouveau, ce mode de justification n'est cependant pas totalement étranger à la logique de la loi. Les prophètes, constatant l'incapacité de la loi à réformer profondément et durablement les coeurs, n'ont cessé d'en parler. La justice de Dieu, disaient-ils, ne sera satisfait que le jour où il établira une nouvelle alliance fondée, non sur les efforts de l'homme pour lui plaire, mais sur le pardon et la régénération des coeurs par le Saint-Esprit : Jérémie 31,31 à 34 ; Ezéchiel 36,24 à 27. La loi et les prophètes attestent donc bien la nécessité de cette nouvelle ère dans laquelle les efforts pour être juste ne reposent plus sur l'homme, mais sur l'oeuvre de Dieu pour lui et en lui !